• Accueil
  • > Archives pour juillet 2008

Le Tabarly de Yann Queffélec – Un livre aussi discret et peu bavard que son héros, mais un livre qui n’oublie rien de l’essentiel.

17072008

tabarly.jpg

 

Je termine à l’instant le livre quand j’écris mes impressions. J’irai moi aussi à l’essentiel.

Ce n’est pas une biographie. C’est tout sauf une biographie. Page 229, première phrase : « Enumérer les événements de la vie d’un homme, c’est ignorer cet homme ». 

Yann Queffélec a réussi ainsi un livre sobre et digne. Un livre plein de pudeur. Un livre plein de silence. Un livre plein de réserve. Un livre plein d’admiration. Un livre plein d’une distance respectueuse envers son idole. Un livre d’une sincérité touchante.

A quelques exceptions près, il ne nous raconte rien de précis sur la vie du célèbre marin. Ses chapitres sont aussi troubles que la brume. Nous sortons de ce livre avec une collection de vagues impressions, de vagues sensations. Quelques bribes d’une existence réelle ou rêvée.

Mais pour autant, Queffélec parvient à nous faire saisir sans la moindre difficulté toute la profondeur du personnage Eric Tabarly. Cet homme silencieux. Cet homme mystérieux.

Un livre silencieux donc. Et un livre mystérieux. Avec une fin à couper le souffle. Je n’en dis pas plus. Je l’ai promis.


Jean-Baptiste.




Le Procès Colonna, par Tignous et Paganelli – Une BD théâtrale.

16072008

 

colonnatignous.jpg

Grâce à Tignous et Paganelli, nous nous transformons en petite souris. Vous savez, celle-là même que nous rêvons de devenir dès lors que nous n’avons pas l’occasion de pénétrer dans un endroit ou de vivre un moment que nous devinons exaltant… 

Et quel endroit en l’occurrence ! Le Palais de Justice de Paris et la Cour spéciale d’assises… Et quel moment ! Le procès d’Yvan Colonna…

Si les Parisiens ou les visiteurs intrigués pouvaient s’y rendre – les audiences étant publiques – ce ne fut pas le cas de tous les Français. Or, je suis convaincu que cet événement n’a pas passionné qu’une poignée d’irréductibles curieux. Car l’histoire est captivante !

Tout comme l’est la bande dessinée dont je vous entretiens.

D’emblée, les auteurs le précisent : « Nous ne présentons pas ici les minutes ou l’intégrale du procès, mais ce qui nous a touché. En un mot nos impressions de ces trente-quatre journées d’audience ».

Ainsi nous sommes très vite plongés dans l’ambiance de ce procès pas comme les autres. C’est de l’assassinat d’un Préfet de la République qu’il est question…

Le lecteur y fait la connaissance des nombreux personnages de cette véritable pièce de théâtre – des personnages qu’il ne connaît sûrement pas s’il s’est contenté de suivre le procès au Journal télévisé : le Président Coujard ; Me Sollacaro et Me Simeoni, les avocats de la défense ; Me Lemaire et alii, avocats de la famille Erignac ; les individus déjà condamnés – Alain Ferrandi, Pierre Alessandri, Joseph Versini, Martin Ottaviani, Marcel Istria ; les différents témoins, Jean-Hugues Colonna – le père –, les femmes des membres du commando ; des responsables de la police, des services de renseignement ou de l’antiterrorisme, dont le charismatique commissaire divisionnaire Démétrius Dragacci ou le sulfureux Roger Marion. Et bien sûr, parmi tant d’autres, le personnage au centre de l’intrigue : Yvan Colonna (prononcer Colonn’).

Le lecteur aborde les différents angles d’attaque du dossier, les principaux argumentaires mais surtout les principaux doutes qui prennent place dans les consciences de tous les observateurs.

L’ouvrage est donc très enrichissant. On apprend beaucoup. Certes, chacun a en tête la fin de l’histoire avant même de commencer la lecture. Mais c’est certainement la seule chose que maîtrise le lecteur qui n’aura pas suivi avec précision le déroulement du procès fin 2007. Et même : personnellement, au fil des nombreux rebondissements de cette histoire, j’avoue parfois m’être surpris à me demander si j’en connaissais vraiment la fin…

Cela dit, la connaît-on définitivement ? Le procès en appel aura lieu en février 2009. J’attends donc avec impatience le second volume de ce Procès Colonna.

Une petite réclamation cependant : que les auteurs de l’ouvrage ne laissent pas traîner cette fois les « coquilles » tout de même nombreuses qu’ils ont disséminées par-ci par-là à l’intérieur des 120 pages de ce premier volume.

Jean-Baptiste (oui, vous aurez remarqué que j’ai abandonné le « Bel ami »…)

PS : Merci à Claire de m’accueillir sur son blog et merci à elle de m’avoir offert cet ouvrage.




Nord Michigan, par Jim Harrisson – Un écrivain du terroir américain ? Jeu de personnalités et de couleurs… aux Etats-Unis d’Amérique.

16072008

« Joseph sourit en se souvenant que, lorsqu’il était tout petit, il croyait fermement que le soleil allait dormir dans le champ derrière l’étable ».    

( Jim Harrisson, Nord Michigan)jh.jpgEncore un cadeau de Jean-Baptiste !   

Je saisis juste l’opportunité de mentionner ici la librairie Le Renard à Paimpol qui nous a séduit tous les deux ce week end et où Jean-Baptiste m’a offert ce livre en me disant plus ou moins : de la littérature américaine pour changer !   Tenue par un couple de très agréables et véritables lecteurs des œuvres proposées, la librairie est située dans une petite rue de ce joli port, proche de magasins « à touristes » mais aussi d’une galerie d’art. D’ailleurs si la librairie nous a plu par son authenticité, le vernissage tout proche avait l’air tout aussi séduisant. Il faudrait que je retrouve le nom de l’artiste…   

Toujours est-il que ce séjour à Paimpol aura été l’occasion pour moi de découvrir Jim Harrisson. Cet auteur contemporain qui a été adapté au cinéma, je crois, grâce à Nicholson dans les années 1970-1980, est tout à fait séduisant dans cette œuvre, Nord Michigan  

La lecture du roman est très plaisante et m’a rappelé à mes lectures de « romans du terroir » comme l’on dit péjorativement en France. En effet, j’avais apprécié les Claude Michelet, les Hervé Jaouen… qui n’ont pas bonne presse toujours dans nos librairies. Ici, nous sommes sur le terroir américain, dans une région rurale. L’histoire est celle d’un instituteur dans un milieu rural, un instituteur sous le charme d’une élève – comme si souvent – mais un instituteur un peu hors du commun, sans réelle vocation mais passionnée de chasse, pêche et de lecture…   

Je n’en dirai pas plus sinon que, malgré l’histoire, in fine banale, et la traduction, le livre est remarquablement écrit avec des touches de sensibilité fortes face à la faune et la flore alentours mais aussi et surtout face aux personnalités qui entourent le héros : sa mère mourante, la femme qui attend depuis si longtemps qu’il l’épouse, la jeune Catherine, son ami le docteur…, ses frères et sœurs. Nous nous retrouvons réellement dans une sorte de « roman du terroir » avec une pointe de subtilité en plus dans l’écriture peut-être et surtout, pour moi, un nouveau territoire à découvrir, celui du Nord-Michigan, si proche et à la fois si loin de Chicago, de l’Amérique des villes de gangsters que m’ont fait découvrir de plus habituels auteurs de polars…  Reste que l’expérience Harrisson est très certainement à renouveler …

Claire      


 

  




«Marilyn et JFK», par François Forestier – ah elle est belle! la démocratie américaine…

16072008

jfk.gif

Jean-Baptiste m’a offert la semaine dernière Marilyn et JFK de François Forestier, journaliste au Nouvel Obs… C’est vrai que la terrible présentation qu’en avait fait le Masque et la Plume le dimanche précédent donnait envie de découvrir ce livre très documenté à l’allure de roman. 

En fait, c’est ici l’histoire américaine et de la démocratie américaine qui prend des allures de roman, et de roman noir. Des Kennedy je ne savais rien et j’ai été servie… De Marilyn, j’ignorais tout ou quasiment et j’ai encore été servie. Mais, après tout, si l’histoire de Marilyn qui glisse lentement de la folie est terrible et touchante finalement – cette femme est autant manipulatrice que manipulée, aussi belle que droguée, aussi sexy que répugnante (cf Clark Gabble qui la repousse) – elle n’est que le signe supplémentaire de la folie des stars ! En revanche, tout ce que François Forestier nous dévoile sur les Kennedy est tout à fait affligeant de noirceur. Au point que par moment, j’ai ressenti le besoin de respirer entre deux pages, de me convaincre que je ne lisais pas là un polar mais un véritable document, avec un scénario qui n’avait rien de fictif – et pourtant -, digne des romans noirs américains où se croisent la mafia, la drogue, les filles, les artistes et le « Prez » !!! 

François Forestier nous donne un nouveau regard sur l’Amérique et sur les Kennedy, une famille peu claire, machiste, antisémite par le père – Joe, bâtie sur de l’argent sale,… Ah vraiment, elle est belle la démocratie américaine…  L’auteur nous rend un regard neuf sur une réalité dépravée. Son livre est abominable dans son contenu mais terriblement bien écrit, avec des portraits croisés de Marilyn qui sombre et de JFK qui est, lui, sur la pente ascendante. Par contre, mais on ne peut en vouloir à l’auteur, dans le petit monde  qui est décrit, beaucoup de gens espionnent et contre-espionnent : on retrouve des agents de la CIA, du KGB, du FBI… des agents de la mafia, de la Présidence, du ministère de la justice, … Tout le monde détient un secret pour faire chanter son voisin dans une période où le communisme est la bête noire mais où la mafia triomphe avec ce personnage de Giancana… Mais tout ce monde fait beaucoup de noms propres que l’on oublie puis qui reviennent quelques pages plus loin, ce qui peut entraîner des difficultés dans la lecture pour les naïfs , comme moi, qui croyaient en une autre démocratie américaine, en une véritable histoire d’amour entre ces deux drogués du pouvoir que sont Marilyn et JFK et qui s’en trouvent tout à fait déçus !!! Eh oui : en plus de cette atmosphère de polar, François Forestier semble exclure que nos deux héros se soient un jour aimés… à moins que… à vous de lire ! 

Je vous conseille vivement ce livre qui s’avale très vite entre deux respirations pour échapper à trop de noirceur et de désillusions. Très bien écrit, il prête souvent à sourire devant la catastrophique Marilyn, garce mais dépressive – on a d’ailleurs envie de lire un autre ouvrage sur Marilyn, celui de Schneider, Marilyn, dernières séances – devant les apparitions de Sinatra qui cherche le soleil et les filles de la Présidence, et celle, unique, de Montand !!!




Philippe Labro, Le Petit garçon: un roman d’apprentissage attendrissant.

11072008

labro.jpg

 

Depuis quelques temps, le hasard semble me pousser à choisir des livres qui ont un point commun: ils traitent tous plus ou moins de la seconde guerre mondiale. Après Le liseur, dont je vous ai parlé, mais encore le Lutetia de Pierre Assouline, j’ai donc ouvert Le Petit garçon, qui lui aussi entretient un rapport avec les épisodes de la seconde guerre mondiale. Cette fois-ci, cela se passe en France, bien loin du Lutetia. 

Si terribles aient été les évènements, si beaux sont ces livres, je me permettrais de recommander – même si ce n’est pas politiquement correct – de ne pas fréquenter trop d’écrits sur le sujet dans un même laps de temps… la souffrance en littérature conduit parfois à la saturation et pourrait amener un rejet ou du moins un développement de l’insensibilité… face à des évènements pour lesquels ne joue aucun droit à l’oubli. D’ailleurs, si – je le répète – ces œuvres sont belles et émouvantes –, je m’interroge sur la capacité de l’artiste, de l’écrivain en l’occurrence à raconter sans dénaturer… En reprenant Jean Ferrat dans Nuit et brouillard ne peut-on pas dire que « le sang sèche vite en entrant dans la littérature » ?

  Toujours est-il que le roman de Labro, dans lequel certains voient une dose – mais laquelle – d’autobiographie est une belle déclaration d’amour : d’un père à ses enfants, d’un homme à la France et enfin d’un enfant à son père. Sous la forme d’un récit d’enfance, Philippe Labro nous entraîne dans le Sud de la France, dans un univers utopique et surprotégé symbolisé par « la Villa ». C’est en cet endroit que grandissent dans l’affection et l’amour sept frères et sœurs. Quand arrive la guerre, arrivent aussi à la Villa de multiples inconnus dont la présence se fait plus dangereuse jours après jours. Ces arrivées sont le résultat de la bonté et de la générosité d’un homme, une générosité qu’il a envers les siens mais aussi envers les autres, les opprimés. Ainsi traduit, le contenu du livre peut effrayer. Cependant, l’histoire n’est pas à l’eau de rose. Elle est juste l’histoire de ce petit garçon qui grandit sous l’influence d’un père – intellectuel et héros anonyme. Mais combien d’autres ont ainsi agi ?







RURALIVRES |
Arcade |
valentine63 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le portrait de la femme en ...
| Lire, Voir, Ecouter...
| mespetitsmotspourtoi