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Changement de décor par David Lodge – soif de lecture.

25092008

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Il y a de ces livres dont on ne sait quoi dire. Et celui-ci de David Lodge en est un. Il m’a plu mais cela n’a pas été non plus foudroyant. Il m’a plu mais je ne saurai exactement dire pourquoi : est-ce cette situation cocasse que décrit l’auteur (deux professeurs qui échangent leurs postes et qui en arrivent à échanger beaucoup plus), est-ce, par conséquent, cette écriture à deux voix selon que le narrateur se trouve en Amérique ou en Europe, est-ce finalement cet humour anglais, ce style anglais de David Lodge ? Mais, et je me pose la question, à quoi peut-on vraiment qualifier un humour d’anglais ? Peut-être dans ce qu’il conjugue et allie le grossier et le désinvolte… Enfin, c’est là une autre réflexion.

Toujours est-il donc que ce livre m’a plu. Il m’a fait rire et sourire. Il est sans doute un pied de nez à deux – voire davantage – systèmes universitaires. Il est un pied de nez à la bien-pensance du monde « bourgeois » des professeurs d’université, quoique j’en connaisse assez peu.

Il y a de ces livres qui donnent envie de partir à la découverte d’un style, d’un auteur et peut-être même d’une œuvre. Enfin, cette affirmation a besoin d’être confirmée, par la lecture d’un autre David Lodge, sans doute celui qui figure en tête de gondole en cette période : Une vie en sourdine.

Claire.




Les pieds dans l’eau, par Benoît Duteurtre – Etretat: une fresque bourgeoise… ou presque.

18092008

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Hier, c’était René Coty qui passait quelques jours dans la station balnéaire de la côte normande: l’Etat était alors en villégiature, avec la bourgeoisie de l’époque.

Aujourd’hui, c’est son arrière-petit-fils, se lançant dans un roman familial et dans une fresque sociale, qui y passe l’été, qui y erre à la recherche d’une époque qu’il n’a pas connue. Pas à la recherche d’une époque exactement. Plutot d’un mode de vie, d’un mode d’existence social. Il revient sur la terre de grands écrivains comme Maupassant. Mais ce n’est pas la terre de l’écrivain qu’il recherche. Peut-être un peu l’âme d’une famille qui se renie. Peut-être avant tout le bonheur d’être à Etretat, d’écrire et de décrire Etretat, son histoire, ses habitants, ses moeurs. Ses générations.

Benoit Duteurtre nous offre ici une véritable analyse des évolutions de la société de René Coty à aujourd’hui. Le prisme d’Etretat pourrait être déviant mais ici il a davantage un effet loupe sur nos moeurs. Sur les moeurs des familles bourgeoises surtout.

Le roman est passionnant à deux titres: ses descriptions sociales d’une part et ses descriptions d’Etretat, du Havre, du Pays de Caux, d’une Normandie que l’on a envie de découvrir. De ces points de vue, il y a du Maupassant chez Duteurtre, même s’il ne s’en revendique pas.

Au-delà des ces aspects que l’on ne découvre qu’en ouvrant le roman, il y a le côté historique du récit. Le point de départ du récit est bien un personnage de l’histoire de France: René Coty. C’est d’ailleurs ce qui a attiré mon attention alors que je survolais la quatrième de couverture. Pour autant , il faut reconnaitre que ce roman ne parle pas de René Coty ou alors très peu. Ce silence autour de l’aieul est intéressant. Il est révélateur d’une époque et d’une éducation, d’un état – social. En effet, pour toute la famille Coty – et même pour Benoit Duteurtre qui n’arrive pas à outrepasser cet état de fait- René Coty a exercé une charge digne certes, mais une charge. Aussi ses deux filles, ses petites filles et son seul petit fils, ses arrières-petits enfants ont tous vécu avec une culture bourgeoise empreinte de gêne, celle d’avoir eu trop de chance, comme si le fait d’appartenir à la famille d’un Président était condamnable.

 Pour finir ce commentaire, je reviendrai à Maupassant, cité inévitablement par Benoît Duteurtre: « J’avais marché depuis le matin sur ce gazon ras, fin et souple comme un tapis, qui pousse au bord de l’abîme sous le vent salé du large. Et, chantant à plain gosier, allant à grands pas, regardant tantôt la fuite lente et arrondie d’une mouette promenant sur le ciel bleu la courbe blanche de ses ailes, tantôt sur la mer verte, la voile brune d’une barque de pêche, j’avais passé un jour heureux d’insouciance et de liberté« . Et je dirai qu’avec Les pieds dans l’eau, Benoît Duteurtre emboite le pas à de grands sinon chics écrivains normands.

 Claire.

 

 




Les gens du Balto, par Faïza Guène. Une bonne humeur permanente dans un environnement bien gris.

16092008

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Je fais partie de ces gens qui ont loupé à l’époque le succès de Kiffe kiffe demain (2004), le premier roman de Faïza Guène, qui lui avait valu la curiosité d’un grand nombre de critiques et l’engouement du public. 

Alors quand j’ai vu son troisième roman sur la table de mon libraire, je ne me suis pas posé de questions. 

Comme elle, à mon avis, ne s’en pose pas pour écrire. 

Il s’agit d’un roman policier dont l’intrigue se déroule à « Joigny-les-Deux-Bouts », « ptite bourgade tranquille en fin de ligne du RER » où il ne se passe jamais rien. Jusqu’à ce jour où le corps du patron du Balto est découvert nu et transpercé par un couteau. 

Ce que je trouve le plus remarquable dans cet ouvrage, c’est l’agencement des chapitres, la construction de l’histoire. 

L’auteur donne successivement la parole à tous les habitants impliqués dans l’affaire. Ces habitants, ce sont : Yéva, « minijupe à ras et verbe haut », Jacquot, son mari chômeur scotché au fond du canapé, leur fils Yeznig, déficient mental, son frère Taniel, dragueur de blondes, Ali, le Marseillais qui débarque en banlieue parisienne, Magalie, la bimbo blonde reine de msn, etc. La romancière distribue en fait la parole à tous ceux qui ne l’ont pas habituellement. Et autant vous dire que les personnages la prennent avec un plaisir non dissimulé. Et ne la lâchent que très, très, très difficilement. De peur que l’on ne leur redonne pas une seconde fois sans doute… 

Enfin, je n’oublierai pas de dire le plus important : ce livre est un livre extrêmement drôle. La langue employée s’y prête, bien sûr. Mais je ne ferai pas comme beaucoup aujourd’hui : je ne m’exclame pas sur ce genre de livres uniquement parce qu’on y parle un langage de banlieue, que certaines bonnes consciences aiment à trouver exotique et frais pour se donner des airs avant-gardistes. Non, si je m’exclame sur ce livre, c’est à cause de sa bonne humeur permanente au service d’une histoire pourtant bien sombre !

Jean-Baptiste. 




Le petit socialiste illustré par l’exemple, par Jean-Michel Normand – Rire et s’en lasser…

12092008

A la veille de l’Université d’été 2008 du Parti socialiste, Jean-Michel Normand s’essaie à un exercice qui, pour être meilleur, aurait gagné à être plus court. La caricature politique, même si elle semble facile face à l’image que renvoie aujourd’hui le Parti socialiste, sombre parfois elle-même dans la caricature. L’auteur ne se sort pas toujours de son propos, à tel point qu’il se trouve contraint de resservir les mêmes anecdotes au cours de l’essai.

Cette lecture permet sans aucune doute un tour d’horizon du personnel politique socialiste, et elle introduit plus sérieusement des éléments – sans doute à vérifier – qui permettent de mieux cerner l’histoire du parti. Souvent récompensées par un éclat de rires, les analyses sont néanmoins parfois lourdes: à vouloir rire de tout, on en devient lassant.

 Sans citer aucunement un livre qui massacre gentiment les « fraises des bois »,  »manman »,  » roi Bertrand », « Montebourde » ou « mère Tape-dur »- florilège de surnoms attribués aux ténors du PS – j’en arrive à une alternative quant au fond du livre même: le PS.

A partir du moment où l’on s’accorde, le temps de la lecture de l’ouvrage au moins, sur le fait que le PS prête à rire, quelle citation de Devos ou de Beaumarchais faut-il préférer:

« Qui prête à rire n’est pas sûr d’être remboursé » ou

 » Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer »?

Sur ce clin d’oeil amusé et inquiet, je vous laisse à votre réflexion.

Claire.







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