Le roi de Kahel, par Tierno Monémembo – Un explorateur tristement oublié, un auteur à retenir !

14 01 2009

leroidekahel.jpg

Dès son couronnement par le prix Renaudot, je m’étais promis de lire Le roi de Kahel. Cette biographie romancée d’un explorateur français à la fin du dix-neuvième siècle me faisait envie. Je connais assez peu les explorateurs qui ont fait l’empire colonial français sinon par l’aperçu que l’on nous en donne en cours – désormais polémique et problématique – d’histoire, au collège puis au lycée. Ainsi, comme tout un chacun, j’ai entendu parler de  René Caillié… Mais il me semble qu’au final nous prêtons bien peu d’attention à ces explorateurs. Ce qui compte ce sont les explorateurs d’avant et d’ailleurs – les La Pérouse et les Colomb – alors que cet Oliver de Sanderval, par exemple, est oublié. Quoiqu’un peu fou, il a pourtant de très belles choses à nous apprendre.

Cette biographie romancée s’attache donc à ce personnage haut en couleurs qui s’est épris de l’Afrique et de cette contrée au nom un peu magique de Fouta-Djalon. Alors, après avoir fait ses preuves dans la vie « normale » dirai-je c’est-à-dire après avoir réussi dans l’industrie, après avoir fondé une famille, Olivier ou plutôt Yémé rejoint son véritable pays, celui qu’il a rêvé si longtemps et celui dont il rêve d’être le roi : le Fouta-Djalon. Ses voyages sont éprouvants mais l’Afrique semble le nourrir. Au fil des pages de Tierno Monémembo, nous apprenons avec ce Français l’Afrique, ses paysages et ses populations. Des paysages à couper le souffle sans aucun doute mais aussi des Peuls que l’on voit se dresser, majestueux, à partir des descriptions de ce livre.

Ce français est un original, un original parmi les africains – un blanc que l’on veut toucher -, parmi les français – un illuminé qui défend des thèses insoutenables devant les grands de ce monde pour avoir du soutien en Afrique. Au fur et à mesure des pages, Olivier de Serdanval est – dans ses originalités – tour à tour aimable au lecteur puis détestable. Son rêve est superbe – règner sur le territoire du Kahel – et les moyens employés – la ruse le plus souvent, l’intelligence au final – sont impressionnants. Sa force de caractère aussi. Cependant, on renie le colonialisme, le capitalisme et l’égoïsme qu’il symbolise et porte en lui.

Cette biographie est absolument magnifique – quels que soient nos sentiments à l’égard de son héros. Elle est historique, politique mais aussi sociale et profondément humaine. Le récit est fort et riche. Quant à l’écriture de Tierno Monémembo : elle est forte et riche. C’est une très belle découverte!

Claire.

PS: Je me dois d’être plus claire quand je parle d’une biographie aux accents politiques: en fait, il faut avoir conscience qu’Olivier de Sanderval veut se tailler un royaume personnel. Son épopée le voit donc affronter des Français – colons ou militaires, hommes politiques – et des Anglais. On ne peut d’ailleurs que se gausser ici du discours anti-anglais de notre colon…


Actions

Informations



Laisser un commentaire




RURALIVRES |
Arcade |
valentine63 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le portrait de la femme en ...
| Lire, Voir, Ecouter...
| mespetitsmotspourtoi